Type de mandat : Concours de projets d’architecture et de paysage en procédure ouverte
Remise du projet : Août 2020
Auteur du projet : Nathan Boder & Aline Dauwalder
À l’ouest de la commune de Saint-Sulpice, proche de la Venoge et longeant les rives du Léman se trouve le magnifique site mis à contribution pour ce concours. Il se compose d’un parc riche d’arbres remarquables dans lequel se dissimule l’usine de transformation d’eau potable actuelle. Le projet d’un port de plaisance et le développement des infrastructures sportives vont renforcer l’activité de cette zone d’ici quelques années. La future usine fera partie intégrante de cette nouvelle constellation lacustre.
La nouvelle usine de production d’eau potable se présente comme une grosse machine cubique unifiée par son enrobage. Le bâtiment « Réseau » est habillé lui aussi pour apparaître comme un seul volume. Les différences programmatiques sont mises en exergue par l’expression de leurs toitures respectives. L’un avec ses pentes permet une production d’électricité en utilisant des panneaux photovoltaïques comme revêtement. Le second offre ses grandes étendues de toitures plates pour une végétalisation variée permettant d’enrichir la diversité des milieux.
Tirant parti des différentes excavations et favorisant une certaine économie de moyens l’implantation se veut rationnelle. Orientée par l’étude de faisabilité, elle impacte ainsi le site au minimum. Exploitant le promontoire existant, le projet se développe sur un léger socle mettant les utilisateurs et utilisatrices du parc public à distance. Ces derniers pourront profiter de belles clairières de repos, propices au délassement et à la contemplation du Léman. Accès L’accès principal se fait par le chemin du Marquisat. L’entrée protégée par un portail sécurisé s’ouvre sur la boucle de circulation permettant de desservir les diverses zones de livraison. La rampe d’accès au garage se fait par le chemin du Laviau profitant de la topographie avantageuse. Une généreuse passerelle relie les deux volumétries de l'usine de production d'eau offrant une séquence d’entrée à la hauteur de ce site remarquable.
Afin d’alléger l’empreinte écologique de ce nouveau projet, le bois sera utilisé comme ossature pour les parties hors Process. Pour chaque couche constructive, la priorité sera mise sur des matériaux durables. Une façade ventilée en tôle trapézoïdale perforée emballera les différents volumes de manière homogène créant un jeu de semi-transparence entre les pleins et les vides. Le métal demande peu d’entretien et offre une grande longévité dans le temps. Favorisant une bonne intégration dans le site et un dialogue avec le parc alentour, le revêtement prendra une apparence relativement brillante pour refléter notamment la végétation luxuriante qui l’encadre.
Ce projet offre l’opportunité de repenser les aménagements paysagers pour valoriser le riche patrimoine arboré du site qui en fait un lieu d’exception. Des noues paysagères, implantées dans un cadre généreusement planté, permettent de traiter la limite entre les bâtiments et le parc. Ces noues, alimentées par les eaux de toiture, enrichissent le site par la création de nouveaux milieux et sont accompagnées de plantations arbustives et herbacées éloignant les usagers et usagères du parc des constructions. Les essences choisies demandent un entretien minime se limitant à une taille de nettoyage et une fauche par année. Au sud, entre les séquoias, hêtres et cèdres, des espaces ouverts se dégagent. Une simple tonte de ces espaces les rend accessibles. Situés dans la pente face au lac, ils offrent des lieux de pause, sortes de cocons végétaux, qui accueillent des plates formes en bois. Le muret au sud recevra également par endroit un platelage permettant de se poser le long du chemin pédestre. Ce chemin est relié au parc par la création de quelques ouvertures.